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Bio-carburants, voitures « propres » : gadget ou réalité ?

Les biocarburants, largement préconisés pour remplacer les énergies fossiles et réduire les émissions de CO2, sont loin d’être la panacée selon des experts. Ils soulignent notamment que leur production est très gourmande en eau, une ressource déjà limitée.
À l’avenir, « la production de nourriture va devoir augmenter, la consommation d’eau dans le secteur agricole va énormément augmenter et la production de biocarburants va augmenter. Du point de vue de l’eau, l’équation ne tient pas la route », avertit Johan Kuylenstierna, directeur de la Semaine mondiale de l’eau. Selon l’Institut international de l’eau à Stockholm, en 2050, la quantité d’eau nécessaire à la fabrication de biocarburants sera équivalente à celle requise par le secteur agricole pour nourrir l’ensemble de la population de la planète.

Pour Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l’environnement, en Inde, les biocombustibles sont « une idée qui est bonne en théorie, mauvaise dans la pratique ». Selon cette experte, la priorité est d’aborder et régler la question de la consommation de carburant. Car il est « extrêmement idiot » d’imaginer qu’il sera possible à l’avenir de consommer autant de biocarburant que nous consommons actuellement de combustible fossile.
Au-delà de la question de la disponibilité de l’eau, les experts craignent que la production à grande échelle des carburants « verts » entraîne une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base। « La production de biocarburants pourrait devenir un important concurrent de la production de nourriture. Les prix mondiaux des aliments pourraient augmenter », explique Johan Kuylenstierna. Un avis partagé par Sunita Narain qui dénonce la pression haussière sur les prix des aliments et cite en exemple « la guerre de la tortilla » : l’augmentation aux États-Unis de la production d’éthanol à partir du maïs a provoqué début 2007 une hausse du prix du maïs sur le marché international et une hausse de celui de la « tortilla », galette de maïs largement consommée par les Mexicains.

source

Du biocarburant à partir du lait

Un groupe laitier et fromager allemand a inauguré une usine d’un nouveau genre : une raffinerie qui produit du bioéthanol à partir de résidus de lait. Plus précisément à partir de mélasse, un résidu sucré dérivé du petit-lait, transformé en alcool via l’ajout de levure, puis distillé pour produire un bioéthanol « pur à 99,8 % », selon le groupe allemand. Ce nouveau procédé ne nécessite pas de grandes surfaces de culture, contrairement aux biocarburants dérivés de plantes. La raffinerie doit, dès 2008, produire 10 millions de litres de carburant par an.

De l'argent par millions pour l'environnement

Les investisseurs se ruent sur les énergies renouvelables et les technologies d'efficacité énergétique.

Selon une analyse de tendance effectuée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), face aux inquiétudes liées au changement climatique et l’envolée des prix du pétrole les investissements dans le secteur des énergies renouvelables montent en flèche.

Les investisseurs se ruent sur les énergies renouvelables et les technologies d’efficacité énergétique et les transactions ont atteint le chiffre record de 100 milliards de dollars en 2006, selon une étude du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Selon le PNUE, les énergies renouvelables se débarrassent de leur image de secteur marginal. Les marchés américain et européen dominent, mais la Chine a investi à hauteur de 9 % et les pays en développement à hauteur de 21 %, ajoute le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Le! s capitaux investis dans les énergies renouvelables ont bondi de 80 milliards en 2005 à 100 milliards en 2006. Géant!

Recherche, nouveaux développement, nouvelles compagnies...

Si les sources d’énergie renouvelables produisent actuellement environ 2 % de l’énergie mondiale, elles représentent quelque 18 % de l’investissement mondial dans la production d’électricité, avec en tête l’énergie éolienne.

L’énergie solaire et les biocarburants se sont développés plus vite que l’éolien, mais ils sont partis de plus bas, estime le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Les énergies renouvelables font désormais concurrence au charbon et au gaz en termes de nouvelle capacité installée et la proportion d’énergie produite à partir de sources renouvelables devrait augmenter de façon substantielle à mesure que les dizaines de milliards de dollars de nouveaux investissements porteront leurs fruits, ajoute le Programme des Nations Unies pour l! ’environnement.

L'éthanol serait très polluant


Y'en n'a pas de facile!

Alors qu'on prêche pour remplacer une partie de l'essence dans nos moteurs par de l'éthanol, voilà qu'on nous dit que c'est dangereux!

Une étude de l'Université Stanford montre que la substance provoque davantage de maladies et de décès.

Selon ces analyses, si l'ensemble du parc automobile actuel était converti pour utiliser de l'éthanol, le nombre de décès liés à la pollution augmenterait de 4 % environ aux États-Unis.

Actuellement, l'éthanol est produit surtout à partir du maïs. Il est perçu comme une alternative au pétrole par certains Américains. Ils voient en cet alcool la possibilité de diminuer la dépendance de leur pays vis-à-vis du pétrole étranger et de réduire la pollution.

L'étude montre que, dans certaines parties du pays, le mélange E85 entraînerait une forte augmentation de l'ozone, un des principaux éléments du smog.

Une augmentation même modeste de l'o! zone dans l'atmosphère est liée à l'augmentation des cas d'asthme, à un affaiblissement du système immunitaire et à d'autres problèmes de santé.

Alors, on fait quoi?